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ARTICLES | TÉMOIGNAGES
7 JANVIER - 7 AVRIL : 13 SEMAINES, DE SAINT-LAURENT À PARIS
 
article de Dominique TERRIEN | 15 juin 2013 | vu 559x
8 minutes de lecture


7 janvier – 7 avril : 13 semaines, de Saint-Laurent à Paris

S1 : début de préparation dans un état de fatigue plutôt incompatible. Test VMA à 14,8.

S3 : 4 séances/4, j'ai du mal à tenir mes temps sur les 200 m. Fartlek en solo le samedi matin avec Saint-Laurent qui s'éveille, la forme revient, les sensations sont bonnes …

S4 : Ça pique encore sur les 200 m, que du plaisir sur les 4000 m à vitesse spécifique …

S5 : VMA courte au top le mardi. La séance la plus difficile de cette prépa le jeudi  : 10 x 500 m avec deux ASLiens, heureusement …

S6 : 3 séances dans une forme « olympique », dont la première pyramide et le semi-marathon de Macouria (1h48).

S7 : Premier Gatosport le dimanche matin suivi du fiasco (séance de 2h écourtée à 1h15, pas de jus et douleur vive derrière la cuisse droite) …

S8 : plus de peur que de mal, 4 séances/4, sortie longue de 2h le dimanche en bonnes compagnies ...

S9 : fatigue et malaise le jeudi, retour à pieds depuis le lycée 3 jusqu'au stade, 4 km de grande solitude. 2h15 tranquilles le dimanche avec quelques copains de l'ASL y compris Dom qui revient de blessure …

S10 : Repos complet jusqu'au marathon de l'espace en équipes du dimanche, la joie d'être avec les copains mais des sensations qui ne reviennent pas, un temps bidon sur mon relais (presque 2 minutes perdues par rapport à l'an passé). Des proches qui s'inquiètent suggérant même d'abandonner le projet marathon …

S11 : je ne baisse pas les bras, je m'arrache le mardi pour tenir mes temps sur les 400 m, 300 m et 200 m, je puise mon énergie je ne sais où mais j'y arrive … J'adapte la séance du jeudi, je fais l'impasse sur celle du samedi. A juste titre, je me fais remonter les bretelles par le coach puisque je pousse à 2h30 au lieu de 2h15 la sortie du dimanche (26 km environ, 21 avec Dom dont la seule présence me booste). Sur les 5 derniers kilomètres, je me plais à courir seule sous la pluie, dans la pénombre, sur le bitume récent et lisse de l'avenue Christophe Colomb … Ces 2h30, mon moral en avait besoin !

S12 : arrivée en métropole par 1°C, j'investis direct dans des gants, un collant et une polaire de course à pieds.
Premier footing d'une heure le samedi avec, en bonus stimulant, le « championne » du patriarche ...
1h30 le dimanche avec des accélérations, mon frère m'escorte en quad. La famille soutient, elle est là mais les jambes ne se réchauffent pas. Le froid devient ma première source d'inquiétude pour le jour J, il peut faire jusqu'à -2°C le matin. Je sacrifie sans peine le pâté de Pâques, l'apéritif et le vin …

S13 : début de semaine au vert en Touraine, à mon rythme, repos et régime adapté. Je complète ma garde robe pour parer à toute éventualité. Footing de 40 mn le mardi après-midi par un magnifique froid sec ensoleillé entre bords de Loire et rives du Cher. Je retrouve Anne-Christine, amie licenciée à l'ASL en 2012 et qui avait adhéré dès le départ au projet « marathon de Paris ».
Dernière séance le jeudi : j'inaugure ma toute première montre GPS. 8 km à jeun à allure marathon, les sensations sont parfaites. Je valide ma tenue pour le jour J : collant de course à pieds spécial temps frais, débardeur léger, haut thermique manches longues, gants, bandeau pour maintenir les cheveux et surtout garder les oreilles au chaud.
Direction Paris le vendredi midi : je file directement au Running Expo porte de Versailles pour récupérer mon dossard et celui d'Anne-Christine. Je ne traîne volontairement pas plus de 15 minutes dans les allées, j'économise au maximum mon énergie.
Avant-dernière nuit chez mes amis hôtes, je dors près de 10 heures (ravie de les avoir retrouvés, eux qui participent également à la fête en famille en tant que bénévoles). Ça me rassure, je sais ô combien cette nuit là est capitale et que la prochaine sera faite de peu voire pas de sommeil.

7 avril 2013 : lever à 5h, je n'ai effectivement pas dormi, pas de stress mais des interrogations perpétuelles sur ma tenue … On a beau me dire que je risque d'avoir trop chaud, je préfère m'écouter et me faire confiance. Je suis à la fois frileuse et habituée à courir en climat équatorial en transpirant à grosses gouttes alors je ne change rien à ce que j'ai arrêté trois jours auparavant …
L'estomac un peu noué malgré tout, le petit déjeuner est plus léger que ce que j'avais prévu : un café, un petit suisse sucré, 2 tranches de pain de mie complet grillées avec beurre léger et miel, jus sans pulpe coupé avec de l'eau … J'amène avec moi une petite bouteille de la même potion, ce qu'on appelle une « ration d'attente » …

Départ emmitouflée à 6h30, après 13 semaines de préparation et un an d'espoir, j'ai hâte d'y être, d'en découdre avec ces 42,195 km. J'ai le sentiment de partir « la fleur au fusil ». Je crois avoir démystifié l'épreuve et je suis incroyablement confiante. Anne-Christine et moi montons dans une rame du RER A, rejoignant 2 autres coureurs, des frères trentenaires accompagnés par leurs parents photographes … Il n'y a personne d'autre dans le wagon à cette heure bien matinale pour un dimanche …
Direction Charles de Gaulle – Étoile puis porte Dauphine, nous ne croisons ou ne suivons que des marathoniens qui naviguent entre l'arrivée Avenue Foch pour déposer leur sac à la consigne et le départ Avenue des Champs Élysées.

7h40, j'ai déposé mes affaires pour l'après-course. J'appelle Dom qui ne pense pas arriver avant 20 minutes. Avec ce froid, l'attendre à un point fixe risque d'être compliqué mais ma patience sera récompensée. M'étant postée en face de la consigne correspondant à son numéro de dossard, je prends un peu de hauteur en essayant de repérer un grand monsieur coiffé d'un bonnet. Bingo ! Je l'aperçois alors qu'Anne-Christine et moi nous apprêtions à partir nous échauffer direction le départ.
Quel bonheur de retrouver le Président, accompagnés de deux amis ! Nous avons tous le sourire, nous immortalisons le moment avec quelques photos entre « guyanais ». Retrouvailles de courte durée, nous nous souhaitons brièvement bonne chance et nous nous séparons déjà pour intégrer nos différents sas : 3h45 pour les deux filles, 4h pour Dom.

8h30 : frictions, échauffement en musique, impatience, excitation … un avant départ de marathon en somme mais au milieu de 40 000 autres coureurs quand même … Discours de Bertrand Delanoë auquel je ne prêterai aucune attention, comme presque tout le monde. Je repère les meneurs d'allure à l'oriflamme violet en me disant que je devrai les garder au maximum à 100 m devant moi.

8h45 : départ des champions (signal pour avaler ma première pâte de fruits) puis des sas 3h, 3h15, 3h30 …

9h15 : ça va être à nous. Nous nous rapprochons doucement de la ligne de départ distante de 200 m environ, non sans une certaine concentration. Nous enjambons les vieux pulls et autres ponchos sacs poubelle offerts et jetés à terre à la dernière minute.
Dernier regard complice en direction d'Anne-Christine, nous savons que nos chemins se séparent d'ores et déjà puisque nous n'avons pas prévu de courir à la même allure : 5'25 pour moi, 5'40 pour elle. Je passe sous l'arche de départ, j'enclenche mon chrono avec entrain sur ce parcours qui démarre en légère descente sur la plus belle avenue du monde. Mon premier marathon, c'est parti !

Tout est incroyablement silencieux, je n'entends que nos foulées synchronisées. Les spectateurs sont répartis ça et là, nous observent sans trop encourager mais leur regard témoigne un certain respect. Nous abordons la place de la Concorde que nous contournons par la gauche puis le jardin des Tuileries et le musée du Louvre. Presque 3 km se sont déjà écoulés et je n'ai prêté attention à rien autour de moi. Rien mis à part les autres coureurs, le public, le bitume et les pavés. Je réalise alors à quel point je suis concentrée dans ma course et mon effort mais qu'il serait bien dommage de ne pas profiter du lieu et du contexte. Ayant mémorisé le parcours, je tourne la tête sur ma droite pour profiter des monuments qui s'offrent à moi et les identifier.
Mais cette prise de conscience sera de courte durée puisque je ne garde aucun souvenir de la place de la Bastille au kilomètre 5. Ah si, pardon : son ravitaillement, le premier de la course. Novice là aussi en la matière, j'apprends à ne pas me précipiter dès la première table pour prendre mes premières gorgées d'eau. Rapidement, nous entrons dans le bois de Vincennes pour ce qui constituera la partie la plus agréable de mon marathon. Le château majestueux, la verdure, les joggeurs du dimanche, la sinuosité … Pas moins de 10 km que je ne verrai pas passer en conservant une vitesse moyenne de 5'21/km. Je me sens bien mais je sais que je ne dois pas psychologiquement m'emballer.
Au sortir du bois de Vincennes, nous arpentons la rue de Charenton dans laquelle une foule considérable s'est rassemblée, rétrécissant considérablement la largeur de la chaussée. Les spectateurs s'écartent progressivement laissant place aux sportifs, à l'image de ces étapes de montagne durant le Tour de France.
A hauteur de la gare de Lyon, nous passons sous la flamme rouge signalant le semi-marathon. Je suis un peu en avance sur mes temps. J'esquisse un sourire et me dis que c'est là que le marathon commence vraiment …
Nous voilà désormais sur les bords de Seine, l'île de la Cité et la cathédrale Notre-Dame de Paris sur notre gauche. Je sais que cette partie s'annonce difficile non seulement parce que les kilomètres s'accumulent mais aussi car nous allons devoir passer sous des ponts et dans des tunnels, alternances de petites descentes/montées.

Kilomètre 26 : je n'ai jamais dépassé cette distance. Nous venons de courir au moins 1,5 km à l'intérieur d'un tunnel, j'ai perdu de vue les meneurs d'allure depuis 4 km. Le moral en prend un petit coup d'autant plus que depuis le début de l'épreuve, je n'ai quitté que mes gants mais que le reste de mon corps ne se réchauffe pas. A cause du froid, les jambes sont dures et les articulations douloureuses. Ma montre me signale que je suis en retard sur mon allure mais je ne m'inquiète pas car j'ai pris un peu d'avance sur le premier semi. L'imposante Tour Eiffel parvient à détourner mon attention et à me distraire.
Nous abordons le bois de Boulogne : il reste 10 km. Les meneurs d'allure réapparaissent en débarquant de je ne sais où. Je ne retrouve pas ma vitesse de départ. Je ne me sens pas essoufflée, j'ai encore du jus mais les jambes demeurent toujours aussi raides. De brefs calculs mentaux me réconfortent : si je conserve cette allure, si je ne craque pas, je serai sous les 4h et tout près des 3h48 du plan conçu par coach Claire. Je prends les kilomètres les uns après les autres, je continue à me sucrer et à boire l'eau (glacée) tous les 5 km.
A partir du 38e, je sais déjà que c'est « gagné ». Plus rien ne peut m'arriver. J'ai mal aux jambes mais je ne connaîtrai pas de « mur ». Encore 2 km 2 km, c'est ainsi que je gère mentalement la fin de course.
Nous sortons du bois de Boulogne pour rejoindre la porte Dauphine. La voie s'élargit, ce sont les derniers mètres. Alors que certains peinent ou marchent, d'autres doublent. J'ai moi-même cette énergie la de dépasser et de slalomer. Mes émotions se mêlent, mon regard cherche la ligne d'arrivée avenue Foch : je l'aperçois enfin, je lâche tout, j'ai l'impression d'être la seule à la franchir à cet instant précis !


Et après : récupérer son tee-shirt finisher et sa médaille, retrouver les amis bénévoles, prendre des nouvelles d'Anne-Christine et de Dom, appeler la famille, marcher comme une mamie, se réchauffer encore et toujours, mettre un jean par dessus un collant de course à pieds, maudire la distance qui nous sépare de l'arrêt de bus, prendre une douche chaude, ne pas avoir d'ampoule, boire du Champagne, partager, rire, …

Prendre le tram, le RER, retrouver mes amis, boire du Vouvray, partager, rire …

Prendre le train, retrouver ma famille, partager, s'émouvoir, lui dédier ce premier marathon …

Virginie

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